Des milliards. Des dizaines, des centaines… des milliers de milliards !...

Des chiffres tellement irrationnels que leur adjoindre une unité de monnaie en est devenu superflu.

Ce que j’ai bien compris par contre, c’est que quelque soit le pays, ces sommes colossales qui ont de multiples destinataires, ont un point de départ commun : la poche du contribuable.
Raisonnement simpliste et populiste me diront certains qui auront probablement de bonnes explications techniques à opposer à ma formule à l’emporte-pièce, explications dont je n’entraverai d’ailleurs qu’une partie négligeable même en me motivant.

Le contribuable américain lui, n’attend plus qu’on lui explique quoi que ce soit. Et au cas où il n’ait pas bien compris qu’il avait le rôle du pigeon, les patrons d’AIG se sont chargé de le lui rappeler.

85 milliards. C’est le montant en dollars de l’injection de fonds publics dans le capital de l’assureur AIG pour lui sortir le nez de la bouse le 15 septembre dernier.
5 milliards. C’est le montant des pertes enregistrées par AIG au dernier trimestre de 2007 consécutives aux placements financiers hasardeux de ses dirigeants.
5 millions. C’est le montant du bonus empoché par son PDG Martin Sulivan.
15 millions. C’est le montant de son parachute doré.
440 000. C’est le montant de la note de frais d’hôtellerie que les dirigeants d’AIG ont présenté à la comptabilité pour leur séminaire d’une semaine dans un palace de Monarch Beach (San Diégo), tout juste 6 jours après le sauvetage de leur société.

photo_mainpool.jpg Mélangez tout ça dans un saladier et ajoutez-y les commentaires du porte parole de la boite : "c’est une pratique courante dans le milieu des assurances américaines pour récompenser les meilleurs commerciaux", et vous obtiendrez probablement tous les éléments propices à une furieuse envie de meurtre chez tous ceux à qui on a retourné les poches pour permettre à ces insatiables porcs d’aller fêter leur fiasco dans des hôtels à 1600$ la nuit.

150 000$ rien que de frais de bouche pour 6 jours de vacances...
23 000 $ de bain à remous…

On a beau se dire qu’on est là dans l’anecdote et que les maux de cette crise ne se résument pas dans ce pitoyable exemple, on ne peut que constater que nous touchons le fond du fond de l’indécence et de l’immoralité.
Tellement immoral qu’on a toujours un peu de mal à accepter que de telles aberrations puissent avoir cours chez nous.

Les Bouton, Forgeard et autres Messier nous ont pourtant fait dégringoler de notre nuage plus d’une fois.
Et ce ne sont pas les chartes d’éthique à deux balles ou les pactes de cour de récré de Mme Parisot qui adouciront les mœurs de leurs héritiers…