Pas question non plus de rallier les censeurs de bistrot qui affirment frénétiquement que neuf mois d'exercice suffisent à tirer un bilan sérieux de ce quinquennat, pour le seul plaisir d'alimenter leur aversion pour celui qui en a la charge, et adoucir l'ulcère qui leur ronge l'estomac depuis le passage au broyeur de leur bulletin "royaliste".

Mais en tête de liste des nombreux doutes qui, à l'époque, ont bien faillit m'orienter vers un vote blanc, figurait chez le candidat Sarkozy ce penchant "atlantiste", dont le moins que l'on puisse en dire est qu'il n'a cessé de se développer.

C'est donc presque logiquement qu'à l'instar du guignol texan qu'il adoube, il lui est devenu impossible de prononcer quatre lignes de discours sans y coller "Dieu" à un moment ou un autre et le conjuguer à tous les temps.

Il serait donc urgent de rappeler à notre président que le moment n'est pas aux élévations spirituelles, et que des chantiers autrement plus concrets ceux-là, attendent qu'il daigne bien reposer les pieds sur cette planète. Ses fables sur l'influence divine dans le destin de l'humanité ou ses âneries sur le rôle du prêtre auprès de nos enfants, les 55% d'incroyants qui composent les citoyens de ce pays s'en cognent comme de leur première communion. Les Guéant et autres Guesnot si prompts à mettre au service de la pensée présidentielle leurs éclairages avisés, seraient bien inspirés de tempérer les divines illuminations de leur mentor, et de lui rappeler que les français ne se sont pas fendus d'un retentissant 53% en mai dernier pour mettre au pouvoir un curé...

Dans ce pays qui passe son temps à essayer de régler chaque jours des centaines de conflits liés aux originalités comportementales de chaque culte, comment ne pas s'interroger sur l'opportunité d'un chef d'état qui, a longueur de déclarations, nous bassine avec des prêches bêtifiants sur les bienfaits d'une spiritualité qu'il serait devenu indispensable de ressusciter ?!

Que ses prédispositions naturelles à se liquéfier à la vue de la moindre mitre posée sur le crâne d'un vieillard aient finit par lui ramollir les neurones pourrait prêter à sourire si elles ne menaçaient pas d'affecter dangereusement les orientations qu'il entend faire prendre au pays.
A commencer par notre laïcité déjà en partie vidée de sa substance par les excentricités de communautarismes religieux organisés comme de véritables lobbies, et aux injonctions desquels des cohortes de politiques ont toujours soigneusement obtempéré.
La frilosité comme prix à payer pour ménager les susceptibilités religieuses...

Avec Nicolas Sarkozy, ces déculottages en règle devant les dignitaires des diverses obédiences ne seront plus que de lointains souvenirs tant les caprices les plus farfelus de chacun d'entre eux trouveront un échos favorable directement au sommet de l'état !

Quelques années de ce régime pour bénédictins et nous ne tarderons pas à voir fleurir les stigmates inèrants à ces sociétés qui ont, des décennies durant, laissé à n'importe quel pékin le droit de déverser la bonne parole de Dieu à n'importe qui, sans se soucier un instant de son contenu.

L'expression religieuse débridée au nom de l'habéas corpus, qui permet par exemple à un imam radical londonien d'appeler au meurtre des apostats en pleine rue et en toute impunité, ou à une université américaine de rejeter l'admission de n'importe quel postulant qui refuserait de gober la théorie pour demeuré selon laquelle le monde aurait été crée en six jours...

Si dans les projets de société que nous réserve un Nicolas Sarkozy habité par la foi ne figure pas le spectre de ce genre de dérives surréalistes, nous pouvons nourrir quelques inquiétudes !

Quoi qu'il en soit, si c'est dans les évangiles qu'il croit pouvoir puiser les ressources qui enrayeront son plongeon vertigineux dans les sondages, le miracle risque bien de faire long feu.

Car après l'instauration de son concept de monarchie républicaine, ses frasques d'hyper-président multicarte et ses histoires de cul pour revues de salle d'attente, cette espèce de mascarade ridicule sur fond de guide spirituel sensé remettre les français sur le chemin de la foi, pourrait bien être la connerie de trop...

Décidément, voilà un acharnement à s'auto-discréditer qui restera probablement dans les annales de la présidentielle. L'opposition qui n'a jamais autant pataugé dans le désert de son argumentaire, n'en demandait pas tant !

Le jugement dernier n'est plus très loin M. Le Président...