Pas gêné le moins du monde par la modification volumétrique qui semble déformer sa boite crânienne, et encore moins par les renflements anormaux qui détendent ses chaussettes, le sémillant député se fend d’un sermon grandiloquent dont on se demande sincèrement si il n’a pas été rédigé sous les vapeurs résiduelles d’une Saint Sylvestre copieusement arrosée.

Que le parlementaire qu’il est, vive mal les choix de M.Kouchner et éprouve le besoin de lui en faire part, ne peut souffrir d’aucune contestation. Il ne serait probablement pas le seul dans ce cas, dans un camp comme dans l’autre.
Le faire sous la forme de cette lettre nominative au ton méprisant et manifestement écrite avec les pieds, donne une idée de l’état d’esprit.
La placarder dans tout ce que ce pays comporte de médias comme on "punaisait" la liste des punis et leurs corvées dans les casernes, montre le degré de niaiserie auquel est capable de s’abaisser M. Montebourg pour se faire entendre sur cet échiquier politique.

Les perles :

"Lettre à un ami perdu à Disneyland"…

"la rupture de Nicolas Sarkozy dans laquelle tu as voulu jouer, te laissera sur le carreau, en loques, et seul au monde."…

"Sarkozy veut la photo avec tes ennemis historiques et moraux, et toi il ne te reste qu'à tenir la chandelle."….

"Ce ne sont pas des chapeaux qu'il te faudra avaler, mais à ce rythme les Galeries Lafayette toutes entières."…

"Jusqu’où l'humiliation devra-t-elle faire entrer son mauvais parfum dans ta tête pour que tu réagisses enfin ?"…

"Le mieux pour toi-même et pour la France serait que tu prépares ta sortie. Commence à réfléchir à ce que tu écrirais dans ta lettre de démission."…

Le tout enrobé dans un écrin de "mon cher ami", de "mon cher Bernard" et de quelques "nous t’aimons" qui se veulent aussi inamicaux qu’hypocrites.

Consternant…

Loin de moi l’idée de prendre les patins de Bernard Kouchner dont les positions ambiguës et l’absence de réactivité face au rouleau compresseur élyséen me désolent tout autant. Je fais d’ailleurs miennes une partie des indignations formulées dans cette lettre concernant notamment les déboires de notre politique extérieure et particulièrement le comportement discutable de Nicolas Sarkozy dans la conduite de certaines de nos visites officielles.

Mais comment cautionner chez un politiciens qui se veut responsable, cette mascarade du "je te flingue, mais c’est parce que je t’aime", et cette homélie de donneur de leçon à deux balles que l’on pourrait entendre dans une cour de récréation ?

Soigner son déficit de crédibilité devrait pourtant faire partie de ses priorités tant ses frasques et bourdes à répétition ont contribuées à décoiffer sa mèche virevoltante.
Sa toute récente décision de se présenter aux cantonales tout en conservant son siège de député, risque bien de lui faire remonter sous le menton les quelques kilos d’invectives et de vagissements qu’ils proférait à l’encontre des "cumuleurs" des mandats de tous bords.
Qu’il consacre donc ses prédispositions naturelles à la rodomontade et sa verve légendaire, a l’explication valable qu’il donnera sur le bien fondé de son futur statut de cumulard, à des détracteurs qui ne vont pas se gêner de lui rappeler ses engagements.

Arnaud Montebourg se voulait l’incarnation de l’homme politique nouveau, décomplexé et pertinent, réformiste et imaginatif, séducteur et charismatique..

Il ne sera qu’un tartuffe de plus, que l’absence de consistance et la médiocrité contraignent à se vautrer le plus souvent possible dans la "critiquomania" et la "dénigritude" pour se donner l’illusion d’exister.
Même si cela doit passer par le ridicule.


Une certitude, notre jeune député socialiste est en train de "chopper un melon" qui prend d’inquiétantes proportions !

A ce rythme là, il se pourrait bien que les concours de montgolfières deviennent les seules sorties publiques ou il ne détonne pas…