Visiblement toujours habité par la lumière, il raconte au peuple corrompu comment le salut ne pourra venir que de la main divine de la madone du Poitou, et étale sans complexe son prêche inquisiteur en direction d’un Nicolas Sarkozy qu’il vomit tous les trois mots.
Comme si lui était redevenue impérieuse la nécessité de resserrer les liens avec ce troupeau de peoples moralisateurs au grand cœur farcis d’oseille, mais en perpétuelle mission pour le salut de l’homme égaré.
Comme si il était temps de nous d’administrer la piquouze de rappel qui, au nom de ce fameux gène de l’humanisme dont seuls les gens de gauche seraient pourvus, est sensée re-socialiser nos âmes !

En passant, il faudra qu’un jour on nous explique ce qui permet à ces "intermittents du respectable" de croire que leurs commentaires et analyses sur le quotidien du français moyen et leurs leçons de démocratie charitable, sont devenus d’indispensables repères au bon fonctionnement de notre conscience de citoyen, au point de se sentir obligé de nous en bourrer le crâne quotidiennement.

Bien sûr, nul n’ira reprocher à Yannick Noah ses sensibilités politiques qu’on ne peut que respecter.
L’insupportable est dans l’utilisation de sa notoriété artistique et son image de gendre idéal pour "valider" auprès d’un public acquis, un tel ramassis d’analyses de comptoir et de parallèles démagos à faire hurler de rire le plus aguerri des barmen de nuit.

Reprendre point par point les élucubrations du chanteur n’aurait que peu d’intérêt tant la lecture de l’article se suffit à elle-même.

Tout au plus pourrons-nous lui rappeler que son dégoût profond de la politique people ne l’a pas empêché d’aller remuer frénétiquement son illustre croupion dans les meetings/concerts de Ségolène Royal, que son mépris pour "ceux qui gagnent de l’oseille" ne le gêne pas aux entournures pour aller jeter l’ancre de son catamaran sur les plages d’Ibiza à 40 euros le parasol et que les nobles principes de loyauté qui l’exhortent à "toujours aller au bout du voyage" ont manqué singulièrement de consistance au moment de "se casser" de ce pays indigne…

Quant aux raisons qui justifient le "Sarko-traumatisme" dont il fait état en énumérant la liste des griefs qu’il adresse à cette présidence, on constate qu’elles provoquent chez lui des effets à géométrie variable.
Pas ému ni scandalisé et encore moins "choqué", par exemple, sur le sort du fiston basketteur très occupé à se constituer une fortune en dollars américains dans un pays gouverné par un type dont "l’attitude", "le ton", "l’arrogance", "le déballage de richesses", "la mise en scène de la vie privée" et "la désinformation", sont exposés comme des trophées.

En effet, on ne constate pas chez ce papa si scrupuleux de la bonne morale et des règles de partage, l'apparition de spasmes convulsifs incontrôlables à l’idée de voir son petit évoluer dans un environnement qui réunit à lui seul tout ce qu’il exècre !...

Curieux.

"Destination Ailleurs" nous dit-il ?...

On a envie de le prendre au mot cette fois et de l’encourager dans la noble démarche d’homme de conviction et de loyauté qu’il s’enorgueillit d’être..

Simplement, s’il avait la bonne idée de mettre dans ses bagages quelques Debbouze, Gynéco, Macias et autres Balasko ou Toreton, nous ne lui en voudrions que modérément…