Car même en acceptant les principes d'une économie basée sur la concurrence, et donc, la chasse aux parts de marché dont elle est le théatre, il faudra bien qu'un jour on nous fasse un état des lieux de l'insondable mépris avec lequel ces vendeurs d'images traîtent les gogos télévisuels que nous sommes.

N'hésitant plus, quels que soient la saison le jour ou l'heure, a tartiner nos écrans plats de merde pixellisée pour jeunes crétins inachevés adorateurs de starlettes éphémères et anorexiques, on aurait pu imaginer qu'ils épargnent nos dernières douceurs estivales de ce déballage commémoratif ridicule dont on a jamais vraiment cessé de nous gaver depuis 1997.

Mais c'eut été leur prêter l'embryon d'un début de considération pour le réservoir a redevance auquel nous avons l'obligation d'appartenir.

S'appesantir et geindre a nouveau sur le destin d'une princesse britannique qui a consacré sa courte existence a s'exposer a l'appétit des paparazzis et a la connerie des boulimiques illuminés de sagas royales, présentait déjà quelques lourdeurs bien grasses.

Se répandre au point d'en déprogrammer le journal de 13 heures d'un grand media alimenté par l'impôt, pour retransmettre une cérémonie sensée raviver le mythe d'une espèce de "Sissi au porridge", pourrait presque faire rire si le contribuable n'en était pas le premier cocu...

France Télévision considère donc comme étant incontournable l'émotion suscitée par le drame de ce couple de désoeuvrés des palaces, qu'un soi disant "chauffeur d'élite" perfusé au Jack Daniel's et infoutu de semer trois scooters sur un périf desert, est allé ratatinner dans un pilier du pont de l'Alma ..

Soit...

C'est un choix.

De la plage ou je profite des derniers rayons de soleil du Roussillon et des étonnantes possibilités de mon pdaphone qui me permettent de publier ce billet allongé sur ma serviette, je ne regrette pas un instant le quasi boycott de TV auquel je me suis astreint durant 20 jours.

Ca n'a pas empêché mes rares incursions télévisuelles de démarrer systématiquement sur un gros plan de la tronche princière, une carcasse de Mercedes sur une dépanneuse ou la paire de paraboles cartilagineuses qui entourent la royale bougie du prince Charles...

Pas de bol, vraiment.