Personne ne cherche à contester que la justice de notre pays fait partie des parents pauvres en terme de budget, quand on la compare a ses homologues européennes.
Mais qui peut décemment parler d'impératifs budgétaires quand on analyse la remise en liberté d'un pédophile au bout de 18 ans d'incarcération, alors que le tribunal lui en a infligé... 27 ?!

Que Mme Lebranchu aille donc expliquer, comme elle le fait aujourd'hui dans "Le Parisien", aux parents du petit Enis, séquestré et violé par Francis Evrard, qu'il est contreproductif de réagir dans l'émotion, que débarrasser la société de ce type d'agresseurs est un non-sens et que l’enfermement est un retour a la barbarie.

Bien sur, et on le comprend, le choc de ce qui vient de les frapper ne leur laisserait pas la lucidité de lui rétorquer que si le juge incompétent qui a permis la libération de cette verrue de l'espèce humaine avait laissé la peine courir jusqu’à son terme, leur fils n'aurait éventuellement croisé son chemin qu'a l'age de… 15 ans.

Dans ce genre d'affaire, le politique doit prendre du recul, dit Mme le ministre.
Prendre du recul, c'est aussi ce que les syndicats de magistrats (USM) ont exigé, il y a dix jours, des policiers du Val de Marne qui venaient d'écrouer un pédophile récidiviste, et qu’un juge bien inspiré du parquet de Créteil a cru bon de remettre en liberté.
Bien entendu, l’USM, loin de se scandaliser du comportement de ce juge, a déversé sa fureur sur les syndicats de police excédés de voir leur travail balayé d’un revers de manche, qualifiant leurs arguments d’inacceptables ingérences dans les décisions de justice et les accusant de bafouer l’autorité judiciaire

Rien que ça.

Nous ajouterons ce coup de gueule des syndicats de magistrats à la longue liste des réactions d’orgueil corporatiste déplacé au devant desquelles nous sommes malheureusement contraints de nous aplatir, et celui des fonctionnaires de police à la non moins longue liste des frustrations d’une profession dont trop souvent les efforts sont réduit à néant par des décisions de justice d’une prodigieuse imbécillité.

Qui peut donc encore s’étonner qu’un Francis Evrard ait pu continuer d’arpenter son terrain de chasse pendant des années jusqu’à l’irréparable, quand tous les matins se lève un juge irresponsable capable de remettre en liberté un type qui a tripoté et violé ses deux nièces, les enfants de ses amis, qui attente à la pudeur de dizaines de gamines, se branle régulièrement sur des vidéos qu’il met lui-même en scène.. et avoue tout ça aux policiers ?!

Marylise Lebranchu ?

Ce serait lui faire injure…