Probablement..

Car Arnaud Montebourg n’aura pas dérogé, dès la campagne présidentielle, aux bonnes vieilles recettes consternantes de niaiseries, basées sur l’exploitation des cancans de la rue de Solferino et de la presse people.
Et de constater que les incessants commérages sur les vacances de Nicolas Sarkozy, le compte en banque de ses amis ou les fringues de son épouse, qui constituent, il faut bien le dire, l’essentiel de l’argumentaire d’opposition, font bel et bien partie de la panoplie de ce soi-disant "rénovateur"..
C’est donc scandalisé par cette nouvelle provocation que constitue le séjour américain du "président des riches", qu’il va prendre le relais des Hollande, Moscovici, Peillon, Le Guen et consorts, qui, au nom du peuple français, nous parlent d’arrogance, d’insulte, de faute de goût, de loisirs sponsorisés et d’attitude indécente dès qu’ils croisent une photo de l’intéressé en short sur un pédalo.

Mais contrairement à ses petits camarades, qui, on l’a compris, ont raté les deux ou trois mises à jour qui les auraient rendu compatibles avec le 21eme siècle, Arnaud lui, se démarque :

" Ca ne me gênerait pas que la République paie au président des vacances même chères, pourvu que ce soit aux frais des contribuables" …(Nouvelobs 12/08/07).

Ca doit être ça l’esprit "rénover maintenant", la méthode "jeune lion"…
Une sorte de … rupture quoi.

Voilà que ce fervent défenseur d’une 6eme république, farouche partisan d’un chef de l’état doté d’un pouvoir réduit à un simple arbitrage, perpétuel fouineur d’argent public mal dépensé et grand inquisiteur de l’exil fiscal, voilà donc, disais-je, que l’idée de claquer le pognon du contribuable pour des vacances présidentielles, même somptuaires, ne le gênerait pas aux entournures !

Que se passe-t-il ?

De soudains souvenirs de l’époque bénie ou il était considéré comme normal de dépenser le bas de laine des français pour l’entretien, l’éducation et la sécurité du fruit des saillies mitterrandiennes illégitimes ?

La nostalgie de ses balbutiements socialistes, temps de grâce ou les moyens téléphoniques, les fonds, et les services secrets de l’état souverain étaient dévolus aux excès de paranoïa du gourou sans que personne n’eut même l’idée de s’en indigner ?

Rien de tout ça, rassurez vous.
Les sorties médiatiques de notre député sont motivées par de bien plus basiques
considérations :

- Dites lui que les vacances de Nicolas Sarkozy sont payées par le contribuable, et il déglutira son dégoût d’une droite monarchique dilapidant le denier public…

- Dites lui que les vacances de Nicolas Sarkozy sont payées par un milliardaire, et il videra son pot de chambre sur les dérives insidieuses de cette droite libérale acoquinée aux puissances de l’argent…

Rien de neuf sous le soleil donc, pour ce socialiste qui se veut "new-age" et réformateur, mais qui oublie de s’interdire les méthodes ridicules qui ont bâti la décadence des "gradés" du parti, à qui il rêve, d'ailleurs, de botter le cul.

En tout cas, certainement pas de quoi rassurer les militants qui attendent un vrai changement.
Celui qui verrait à sa tête des hommes et des femmes qui commenceraient leur journée autrement que par la lecture des articles de Gala ou Voici à la recherche de la bonne info quotidienne à dénigrer, et qui auraient d'autres objectifs que ce misérable rituel du commuiqué de presse bien démago, bien méprisant et bien teigneux que l'on jete en pâture aux journalistes.
Car même si Arnaud Montebourg n’a de cesse de se présenter comme celui par qui le renouveau socialiste passera, beaucoup ont compris qu’il n’est rien d’autre qu’une sorte d’usurpateur dont les boniments colorés ne sont là que pour leur vendre de la contrefaçon de rénovation et de modernisme.

A trop vouloir jouer les "Canard enchaîné" à lui tout seul, il finira par se cramer les ailes, rejoindra sagement les "empêcheurs de se moderniser en rond" qui garnissent les bancs socialistes et contribuera par son sens aiguisé de la formule, à pérenniser le statut d’opposition stérile dans lequel le PS à l'air de se complaire.

L’art et la manière de se présenter comme un "jeune lion" affamé... et de n’être rien d’autre qu’un tigre de papier.