Ce qui fut fait..

Durant ces 16 mois, cette stigmatisation systématique bien rodée, orchestrée de main de maître par l’opposition, ressurgira au rythme des "appels au secours" de quelques sympathiques incendiaires de bus en culottes courtes, ou des "messages de douleur" de quelques paisibles hooligans désireux de lyncher gentiment un supporter adverse…

Alors à trois semaines du premier tour de la présidentiel, il eut été miraculeux qu’un fait divers comme celui de la gare du nord ne serve pas de batte de base ball aux onze autres candidats en lice.
On assiste à ce spectacle désolant d’une hystérie collective ou la surenchère au dézingage du candidat UMP a des allures de curée frénétique !.

Que les Bové, Besancenot ou Laguillier fassent de ce resquilleur congolais une malheureuse victime de Sarko et de ses flics, ne fera pas évoluer leur statut de farfelus inutiles, et confortera leur place de choix dans un éventuel bêtisier de campagne.

Mais que Ségolène Royal, et surtout ses lieutenants, n’aient pas eu la lucidité, à ce moment crucial de la course à l’Elysée, d’être en rupture avec cette démagogie maladive récurrente au PS, et de ne surtout pas se mêler à ce festin, dénote d’une bourde stratégique majeure.

Qui peut encore douter qu’une majorité écrasante de français, de gauche comme de droite, ne supporte plus ce fléau que constitue cette population d’individus complètements désocialisés, violents, ne respectant rien ni personne, et dont les projets immédiats se résument à emmerder le monde, se rebeller contre tout, ne se soumettre à rien, et n’avoir que des droits mais jamais de comptes à rendre à qui que ce soit ?!

En utilisant ces échauffourées de la gare du nord pour stigmatiser la politique de son adversaire et l’affaiblir, la candidate et son staff viennent de remettre les deux pieds dans le bourbier qui a fait fuir les sympathisants socialistes en 2002 avec les conséquences que l’on connaît.
Le spectre de l’état de droit ou le voyou est une victime et le flic un psychologue jovial vient de ressurgir et risque bien de faire des dégâts..

Qui aurait reproché aux socialistes de la jouer profil bas, et de se mettre dans une posture de consensus, face à cette énième scène de saccage et de haine gratuite que réprouve en masse les citoyens de ce pays ?
Quel naïf décérébré peut croire que dans une France avec un chef d’état de gauche, le même abruti resquilleur se serait abstenu d’asséner un coup de tronche au contrôleur de la RATP ?

Marie Ségolène a bien tenté timidement d’inverser quelque peu la spirale en martelant ça et là que le laxisme n’est pas dans son programme, insistant sur les principes de droits, mais aussi de devoirs..
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Mais c’était sans compter sur les Dray, Cambadélis, Vaillant ou Lang, tombés tous petits dans le chaudron du populisme réactif et de l’instrumentalisation opportuniste, incapables de tenir leurs langues plus d’un quart d’heure, et surtout d’accorder un minimum d’attention au contenu de leurs propos..

Si la crevasse qui s’est creusée entre les différentes composantes de notre société, et les peurs et tensions qui en résultent, étaient le fait du seul Nicolas Sarkozy, ça se saurait…

Si les socialistes se contentent d’expliquer ces actes graves d’insurrection sur la base de cette affirmation, alors pas de doute, la France peut se targuer d’héberger en son sein la gauche la plus bête du monde..