Et avec eux cette satanée règle de ne jamais se remettre en question.
Elle, la socialiste qui avait osé prononcer les mots "répression", "éducation nationale" ou encore "régimes spéciaux" sans s’auto-flagèler ou s’imposer 15 "je vous salue Marie", avait reçu carte blanche des militants et sympathisants, pour incarner la sortie de cet immobilisme doctrinaire dévastateur qui les avait conduits au fiasco du 21 avril 2002.

Ont-ils eu tort de faire ce choix ? La n’est pas vraiment la question.

Ce qui comptait, c’était le message..
Celui qui disait : "Ne nous remettez pas les mêmes chefs cuistots qui nous ont concocté le ragoût imbouffable de la dernière fois, et qui a finit dans la gamelle du chien..."

Rien n’y a fait..

Comme pour vérifier à nouveau qu’en chassant le naturel, il revient au galop, il aura suffit d’une série de sondages alarmistes (dont on connaît l’inexactitude légendaire) pour que la "madone" ne cède aux éternels travers de sa famille politique, et qu’elle ressorte du trou les vétérans réservistes qui n’attendaient que ça, et qui ont principalement occupé leur six derniers mois à la dézinguer copieusement.
De retour donc les DSK, Fabius, Emmanuelli, Aubry et autres Mauroy, sous un fallacieux soucis de rassemblement, prêts à faire allégeance à un chef de guerre dont ils ne partagent que le dixième des idées, et que pour la plupart, ils ne peuvent pas voir en peinture.
Il suffit de revoir "l’enthousiasme" de Strauss Kahn pour se lever et l’applaudir à la fin de sa prestation de Villepinte pour s’en convaincre.

L’allégresse d’un Jack Lang survolté et gesticulant comme une groupie devant un poster de Patrick Bruel, à quelques mètres de lui, en disait long sur le fossé entre ce genre d’inconditionnels prêts à donner un testicule pour rester dans le jupon de la présidente virtuelle, et ces éléphants qui se font à peine à l’idée que Mme Royal soit candidate.

Jusqu’à Lionel Jospin, que les aller / retour grotesques ont fini de discréditer, et dont on a autant de chance de trouver un supporter dans les meetings que d’y rencontrer une grenouille en porte jarretelles.

Comme je le disais plus haut, tous les ingrédients sont donc réunis à nouveau pour cuire dans la même marmite.
Autant dire que, sauf coup de théâtre, la machine à perdre a bien redémarré et elle vient de s’ébranler.

Ce qui faisait l’originalité de la campagne de Ségolène Royal, c’était justement ce chemin en dehors des gros sabots de ses compagnons du parti.
Même ses bourdes à répétitions, son manque de "poids", de prestance avaient fini par en faire "un politique à visage humain", et ne constituaient plus des menaces vraiment sérieuses.

Mais en décidant ce regroupement voulu par les généraux d’un parti tout puissant, aux exigences duquel il est convenu de se plier, j’ai bien peur que Mme Royale ne se soit tiré une balle dans le pied qui risque bien de lui faire traîner la patte sur la route de l’Elysée.