Alors je me suis posé une question simple :

Quel va être le candidat suffisamment persuasif qui va réussir le tour de force de convaincre les électeurs modestes que nous sommes, du bien fondé de permettre à une société, d’octroyer 2,6 millions d’euros d’indemnités à un PDG démissionnaire au bout de 6 ans d’exercice… et que dalle à une vendeuse qui va remettre sa lettre de démission avec 30 ans d’ancienneté pour un salaire de 1400 euros ?..

Si vous l’avez rencontré, faites moi signe !

Nous rappelleront pour la forme que le passage de Mme Danon au Printemp, c’est 12.2 % d’effectif en moins, et des salaires qui n’ont jamais aussi peu évolués.
Et ce ne sont pas les 1,6 % de rallonge consentis en juillet dernier qui vont déclencher des orgasmes chez les 84 % d’employés du groupe sous la barre des 1500 euros brut.


parisot2.jpg Mme Parisot peut bien nous brosser tous les portraits élogieux qu’elle voudra de sa petite protégée, ses arguments pour justifier ce cadeau somptuaire s’inscrivent parfaitement dans l’héritage verbeux de son insolent prédécesseur, le baron Sellière.

"..Il faut rémunérer les compétences et le talent, et récompenser la création de richesse..", s’agace t-elle.

C’est à peu de choses près ce que pourraient revendiquer les représentants du personnel du Printemps en réaction aux 1,1 milliard d’euros de valeur de revente de leur boite.

Inutile d’imaginer un seul instant que puisse germer, dans ce brillant cerveau bien formaté, le principe de leur appliquer à eux aussi cette belle devise, et de leur redistribuer une partie de ces richesse..
"Compétences", "talent" et "récompense", c’est uniquement pour Laurence Danon, qui, en plus de son pactole, décroche un poste de responsable de la commission nouvelles génération (?) au MEDEF.

L’impérieuse nécessité mainte fois martelée par nos candidats "probables", de réinstaurer un dialogue social serein et constructif, n’a pas fini de faire sourire.
Si ni l’un ni l’autre ne décide d’inscrire dans son programme l’arrêt de cette course à la démesure chez nos PDG sortants, ces primes au départ parfaitement surréalistes et indécentes, continueront d’être vécues dans tous les foyers comme de véritables insultes aux efforts consentis pour boucler tant bien que mal des fins de mois de plus en plus difficiles..

Que l’une ne vienne pas se plaindre alors, d’avoir tous les matins un Thibault, un Mélenchon ou un Fabius pendu à son tailleur blanc, venu lui rappeler l’idéal socialiste et lui tirer sur sa manche gauche pour la "recaler" sur l’itinéraire vertueux.

Et que l’autre ne s’étonne pas d’avoir un Jack Lang survolté et gigotant accroché en permanence à son costard comme un acarien sur son bout de moquette, pour lui déblatérer sa répugnance du libéralisme et lui donner des cours d’éthique.

Réconcilier les partenaires du monde du travail qu’ils disent..

Les Messier, Espalioux, Zacharias, Danon, et leurs matelas de gratifications, ne vont pas vraiment y contribuer..