Notre pauvre Jean Louis Debré a probablement frôlé l’apoplexie à la lecture de la liste des 800 convives du désormais incontournable dîner du CRIF.

Là, pas de fauteuils vides.. Absentéisme zéro !

Bien entendu, il serait parfaitement saugrenu d’imaginer une quelconque manœuvre de récupération d’un électorat communautaire de la part de nos divers prétendants au trône et de tous leurs sous-fifres !
Le démenti formel et outré serait dégainé séance tenante et avec vigueur !.. Houlààà !.. Pas d'ça chez nous !..

Sous-fifres, qui, le temps d’un soir, ont mis de coté leurs divers coups bas et étripages de campagne quotidiens, et se sont gentiment supportés.
Quel contraste, tout de même, après ces deux dernières semaines de coups tordus et de déclarations assassines.

Mais l’hôte le vaut bien visiblement !

Car quand on prend le temps de relire le discours de M. Cukierman , on se demande si cette frénésie provoquée par ce "dîner entre ennemis" jurés, pour s'entendre réciter une leçon de politique internationale et se faire dicter les exigences de la communauté juive de France pour le prochain quinquennat, ne frise le masochisme.
Ou la connerie.

Ce réquisitoire à peine caché qui stigmatise ouvertement la position de la France au proche orient, et qui déroule la liste des bons comportements à adopter en matière d’engagements diplomatiques dans cette partie du monde, dépasse le stade de l’ingérence.
Devant 800 "statues" religieusement immobiles, le doigt sur la couture du pantalon, M Cukierman n’oubliera pas de rappeler à M.De Villepin la naïveté de nos dirigeants pendant l’ascension d’Adolf Hitler, n’hésitant pas à pousser l’analogie avec notre passivité d’aujourd’hui, vis-à-vis de l’Iran et son taré de président .

Tout va y passer, de l’ONU irresponsable aux nations européennes amnésiques et lâches, en passant par les sociétés françaises présentes dans les pays ennemis d’Israël

Et pour que les doléances, exigences, mises en garde et mises en cause n’échappent à personne, M. Elkabbach ne se fera pas prier pour mobiliser l’artillerie lourde de ses deux chaînes de TV (LCP et Public Sénat) et diffuser les festivités en direct.. et sur les deniers publics...

Nous l’aurons compris, dans cette espèce de grande réunion "Tupperware", le produit à vendre est un lot de quelques 600 000 bulletins de vote qui pourraient bien faire la différence en cas de résultat serré, et qui seront unanimement promis au client qui collera au plus près des revendications et des préoccupations de la communauté.
Tout ce beau monde a donc laissé flingues, fierté et amour propre au vestiaire, évitant soigneusement de se croiser même du regard, pour venir écouter le sermon et prendre sa taloche en silence dans le sanctuaire des gardiens de la vertu, de la sagesse et de la mémoire.

Je veux bien croire qu’en cette période de campagne, l’enjeu pousse nos prétendants à l’Elysée et leurs lieutenants dans certaines outrances qui finissent par ne plus faire rire personne.
Généralement, ces "tacles au genou" depassent rarement chez moi, le stade de l'agacement passager.

En revanche le spectacle navrant de cette séance de courbettes en réunion ou l’on vient prendre sans moufter son lot annuel de coups de pompe dans le cul et son cours magistral de politique élémentaire, n'a pas, je le confesse, vraiment les mêmes effets sur mon organisme.
Ce déballage devenu rituel, de crème à reluire sur le dos d'une communauté qu’il est de bon ton d'avoir dans son camp, même au prix de sa dignité, déclenche chez moi des symptômes proches de ceux… d’une bonne gastro entérite..