abb_.jpg S’il est un homme d’église auquel il est difficile de rendre un hommage bref, même pour "l’incroyant chronique endurci" que je suis, c’est bien cet abbé atypique et son destin digne d’une véritable odyssée contemporaine.

Cette perpétuelle rage, dans le sens noble du terme, mise toute une vie au service d’un tel combat contre la misère de "l’autre", force inévitablement le respect.

Dans cette quête déterminée, il n’aura épargné rien ni personne. A commencer par le Vatican et l’indécence de ses dorures, égratignant courageusement et par écrit ses prestigieux locataires "emmitrés"..

Jamais il ne se sera déparié de cet esprit frondeur, véritable moteur qui, depuis son appel à "l’insurrection de la bonté" de 1954 jusqu’à ces derniers jours, aura ouvert toutes les portes dressées entre lui et sa mission de charité.
Il aura aussi osé opposer, aux rigidités dogmatiques d’une église moyenâgeuse, sa tristesse de n’avoir pu connaître le réconfort dans la tendresse d’une femme.

Il aura même osé, de colère face à l’intolérable, dire de son propre dieu…qu’il est "incroyable"..

Et bien cet homme de dieu là, et son éclatante authenticité, moi je l’aimais bien..

Est-ce parce qu’avant d’être un homme de dieu, il était indéniablement un homme… de "l’autre" ?..
Je le crois.

Aujourd’hui il a pris le chemin de ses "grandes vacances", comme il se plaisait à le dire.

Reposes toi bien l’abbé..