Je suis bien certain que ces évènements sont au cœur de millions de débats au bureau, au bistrot, en famille, et qu’il en ressort une exaspération générale , toute sensibilités confondues, avec, en prime, l’expression d’un raz le bol général de cette délinquance qui pourrit nos cités depuis des années…

Comme des milliers de soupapes, ces deux dernières semaines les langues se sont déliées, et on peut constater que les gens ne craignent plus de se faire traiter de racistes anti-jeunes, ou de racistes tout court, dès qu’ils parlent d’insécurité dans leur quartier…

Il faut dire que nos élites « bien pensantes » ont mis le paquet ces vingt dernières années pour transformer les craintes et les peurs légitimes des habitants, en ségrégation, refus de « l’autre », intolérance, et bien sur, racisme….



Qui, en toute honnêteté, n’a pas eu au moins une fois en quinze jours, envie de coller des baffes (voire plus) à ces petits crétins qui ne respectent rien ni personne, à commencer par eux-mêmes ?. Qui osera dire que dans son entourage il a pu constater plus de compréhension que de sentiments de colère envers ces casseurs ?

De ma modeste expérience personnelle (qui vaut ce qu’elle vaut..), je retiens le fait que les gens en ont plein les bottes (pour rester propre..) de l’arrogance, de la violence, et de l’immense connerie de ces émeutiers..(le terme est presque valorisant..)…

Très souvent, les sentiments de révolte les plus « appuyés » viennent de gens d’origine magrébine parfaitement intégrés (pour les plus anciens), ou complètement « fondus » dans le système, comme tout citoyen lambda (pour les plus jeunes), qui redoutent à juste titre le discrédit que ces comportements irresponsables, sont en train de jeter sur eux, au risque de leur faire subir un racisme qu’ils méritent encore moins que n’importe quel individu…

Ils sont les premiers, par exemple, à s’étonner de la « miraculeuse » indulgence des incendiaires à l’endroit des commerces et autres restaurants de la communauté, et ils savent que ça n’aura échappé à personne dans ce pays…

Bref, quand on fait une rapide synthèse de ce qu’on voit, de ce qu’on entent autour de soi, et plus généralement, des sondages et enquêtes de la presse écrite ( y compris sur la toile), tout fait état d’une volonté ferme de voir arriver ( enfin !!) des sanctions adaptées à l’encontre de ces abrutis qui ont transformé une partie de la France en un jeu vidéo de type « Doom like »…

Ca, c’est le monde réel…

Le monde virtuel, lui, commence dès l’instant ou l’on allume sa télé…

Et là, nous entrons dans un univers radicalement différent…

A se demander si ce que nous venons de voir dans la rue en rentrant du travail (et ce, depuis des années), n’était pas qu’un rêve ! Des interviews à la pelle de jeunes désemparés, abandonnés, rejetés par un système républicain sectaire et injuste, voire (encore et toujours…) raciste…

Des flics (donc des individus potentiellement violents, cons et fachos..), boucliers, matraque et grenades aux poings, lâchés dans les quartiers dans le but évident de provoquer ces gosses, que la France a jetés dans la rue, et dont les familles ont démissionné de leurs devoirs parentaux à cause d’un système social qui les ronge de l’intérieur…

Des journalistes, notamment à 20 heures, dont la cible permanente est Nicolas Sarkozy, ses phrases, ses tics, ses déclarations et les analyses de celle-ci, et les décisions politiques qu’il propose..

Tout un cortège d’animateurs, de stars du cinéma, du sport ou de la chanson, qui se « tartinent » de « politiquement incorrect et rebelle » avant de donner leur avis sur cette crise, et de se positionner comme ceux qui ont compris cette jeunesse…

On a le choix entre une Laurence Ferrari qui était pas loin de l’utilisation de forceps pour extraire de la bouche de Sarkozy les mots racaille et karcher, un Karl Zéro dont le reportage en images ne laisse aucun doute sur l’idée qu’il se fait de ce conflit, et la rédaction de France 2 qui nous passe en boucle depuis deux jours un bout de film montrant des flics passant à tabac un jeune archi-multi récidiviste qui sortait de garde à vue, et qui a regagné sa cellule 8 heures plus tard après avoir participé à un guet-apens sur un véhicule de pompiers…

Et je passe sur la prestation « embrumée » de Julie Depardieu chez Stéphane Berne hier soir, pour qui les cris de détresse sous forme de cocktails Molotov de cette jeunesse sont une évidence, et qui s’étonne que nos politiques n’aient rien compris...

Je passe aussi sur celle de Lilian Thuram qui nous la joue « coup de gueule », qui se gargarise de leçon de politique sociale et de morale républicaine… A noter tout de même que la générosité de ce milliardaire en euros est inversement proportionnelle à son aversion pour Sarkozy, puisqu’il a refusé de lâcher plus de 30 % de sa prime de match au profit des familles de victimes du crash qui a endeuillé les dom tom… He oui. Il y a des causes pour lesquelles il est bien de faire son petit cinéma de star, et les autres….

Bref, on peut multiplier les exemples par cent… Mais une chose est sûre, le déficit en terme d’images du traitement des victimes de cette crise est criant.

Quelle médiat a eu les c.. de diffuser les cris de colère des gens qui en ont pris plein la gueule ou qui ont tout perdu pour certains ? Ne cherchez pas : aucun… Qui peut imaginer que rien n’a été filmé de la douleur et de la rage de ces victimes !

En fait on est au cœur d’une sorte d’hypocrisie médiatique, dont tout le monde est conscient, mais qui, pour le coup, prend une autre dimension, et qui me donne la nausée…

Mais qu’est-ce que mon petit malaise a moi qui ne suis que spectateur, face à celui des sinistrés qui ont perdu, qui une voiture, qui leur emploi, qui pour certains un membre de leur famille, et qui doivent encore supporter les cris de haine de leurs bourreaux, que leur poste de télé leur vomit à la face dès qu’ils l’allument…

@ plus

Eric