
Dans une récente note, je pointais une caste d’individus que je traitais de "sur-citoyens", symboles vivants d’une république composée de strates découpées selon les principes d’une moralité à géométrie variable, et dont l’étalage public décomplexé ne pouvait que susciter l’indignation, voire l’écœurement général.
L’indécence qui s’associe à cette micro-population convaincue de son statu social dérogatoire, n’a d’égal que l’arrogance crasse avec laquelle il est publiquement assumé, présenté comme un dû, et même revendiqué.
Dans une société qui aspire à une certaine égalité devant les principes républicains d’une démocratie qui se veut respectueuse de chacun, l’immense majorité des français perçoit cette dissymétrie à peu près aussi bien qu’un furoncle au cul…
Comment pourrait-il en être autrement ?
Il n'aura fallu qu'une demie journée de
réflexion à Mme Alliot Marie pour décider du sort d'un procès
qu'elle juge inéquitable et du renvoi de tous ses protagonistes à la barre, et
le tout dans une doucereuse torpeur complaisante qui ressemble furieusement à
de l'approbation générale...
Quelle
importance que pour eux, il ne soit même pas question de niveau d’indemnité
renégocié, de solution de reclassement, ou d’aménagement de plan social.
Bien sûr, ces entités
poétiques sont issues du cerveau d’un auteur brillant et visent à faire
fonctionner l’imaginaire du lecteur jusqu’au moment ou il refermera le livre,
et retournera à sa réalité de terrien normal.
Mettre un
coup d’arrêt à ces mécanismes hégémoniques qui ont vu une poignée de goinfres
s’empiffrer sur le dos des français d’outre mer est évidemment une nécessité
qui a visiblement échappée aux élus de tous bords, et particulièrement à ceux
de gauche qui sont aux manettes locales depuis longtemps sans que cette
situation n’ait eu l’air de vraiment les gêner aux entournures…
On pourra
noter au passage que les mêmes politicards qui font mine de s’indigner
aujourd’hui des innommables saloperies que les soldats israéliens infligent aux
gazaouis, se battent, et se battront comme des chiffonniers une fois l’an pour
aller s’assoir à une table du diner du CRIF afin d’y recevoir
leur leçon de géopolitique proche-orientale et, comme s’il en était encore
besoin, la liste des bons sentiments qu’il convient d’adopter envers le peuple
martyr.
Il faut dire que l’argumentaire de ses
jeunes détracteurs avait de quoi faire vaciller sur son socle la plus aguerrie
des statures politique :

Et puisque ces temps de
crise, de rigueur et de récession (désolé pour le gros mot) font légitimement
émerger toutes les rancœurs, c’est au tour d’un autre nourrain grassouillet de
dévoiler sa panse.
Merci, donc, à Jack
Lang de nous offrir à nouveau de quoi fustiger ce que le paysage
politique de ce pays présente de plus caricatural et grotesque.


